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DÉCEMBRE 2018

DÉCEMBRE 2018

Repas avec nos employés.

Samedi 1er : Les chaises supplémentaires ajoutées pour le festin d’hier soir sont remisées.  Le Père Bede a distribué des cartes détaillant le changement au ‘Notre Père’ qui entre en vigueur au Canada dès la messe de demain.

Dimanche 2 : Dom Mark Scott, abbé de New Melleray Abbey dans l’Iowa est arrivé hier soir.  Nous sommes heureux de l’accueillir, car il restera chez nous durant sa visite régulière de l’abbaye de nos sœurs.

Lundi 3 : La conseillère des Archives du Nouveau-Brunswick est venue pour évaluer nos archives monastiques : le travail qui a été fait par le passé et le travail qui reste à faire.  En un rien de temps, elle avait accompli son travail.  Les documents sont presque tous en bon ordre.  Par contre, les photos ne le sont pas.  Elle nous a informés que nous possédons un nombre inhabituellement élevé de photographies comparativement aux communautés religieuses semblables à la nôtre, avec beaucoup de photographies du début du XXe siècle.  Les négatifs sur verre sont en bon état.  Il y a aussi sur une cassette audio non cataloguée des entrevues avec de vieux moines décédés depuis.

Mardi 4 : La neige glisse du toit de temps à autre.  Ce matin, au petit-déjeuner, nous avons mangé des toasts aux épinards, reliquat du souper d’hier soir.  Aujourd’hui, Simone, notre cuisinière, a expliqué à notre visiteur, Dom Mark, son secret pour faire des croquettes de poisson.

Mercredi 5 : Steve avait des affaires à régler à Rexton, un petit village pittoresque de la province.  Le chemin y menant traverse villages et forêts et passe devant la maison abandonnée où est né l’un de nos moines, feu le Frère Gérard Bordage.

Jeudi 6 : La visite s’est terminée chez les moniales de sorte que Dom Mark est rentré à Moncton aujourd’hui en vue d’un vol matinal demain.  Il sera de retour dans l’Iowa avant le déjeuner vendredi.

Vendredi 7 : Cet après-midi, après avoir relevé le store dans ma chambre après ma sieste, j’ai trouvé sur le rebord de ma fenêtre un écureuil transi de froid.  Vu la distance qui le séparait du sol, cet endroit me parut fort éloigné de son habitat normal et peu commode.  À en juger par son regard, il était d’accord avec moi !

Dom Mark avec Simone

Samedi 8 : Simone nous a fait des pâtisseries danoises pour le petit déjeuner en cette solennité de l’Immaculée Conception.

Dimanche 9 : Dom Bede a travaillé cette semaine sur une nouvelle édition des livres liturgiques pour la messe, le graduel.  Frère Stephan a trouvé un Korg Midi Sound Module pour claviers, de seconde main, ce qui lui donnera une nouvelle palette de centaines de sons.  Il a même ajouté qu’il avait un réverbérateur Chisholm.

Lundi 10 : Quelques cartes de vœux de la part de retraitants et d’amis sont arrivées.  Chaque message rédigé sur chaque carte révèle quelque chose de la relation que le correspondant entretient avec le Christ.

Mardi 11 : Bède trouve le rythme de la nouvelle traduction du ‘Notre Père’ plus harmonieux que l’ancien.  L’on réalise que le mot « soumets » détonnait dans l’ancienne version, dit-il ; difficile de ne pas être de son avis.

Mercredi 12 : J’ai réalisé un peu tardivement que quelqu’un avait renversé du café Tim Horton sur les tuiles du plancher du rez-de-chaussée près du babillard.  La senteur caractéristique ajoute un cachet festif à notre corridor.

Jeudi 13 : Le Frère Stephan a entrepris de déneiger les chemins de terre à l’est du monastère qui traversent notre propriété d’un bout à l’autre. L’ermitage du Frère Henri se trouve sur ce trajet.  Ils mènent aussi vers un grand lac, enfin il est grand pour nous.  Ils croisent d’anciens sentiers de coupe de bois et ce sont les forestiers actuels qui ont retenus ses services.  On les entend parfois, c’est un son faible et inusité.  Ils éclaircissent plutôt que de procéder à la coupe à blanc.

Frère Léo et Frére Stephan à la salle du chapitre.

Vendredi 14 : Après quelques folichonneries imprévues, le camion de la ferme a été mis au repos temporairement.  Entre-temps, notre camionnette régulière a pris un certain machisme, grâce à un service complet au garage du concessionnaire d’automobiles.

Samedi 15 : Le message téléphonique principal qui donne accès aux différents postes a été modifié avec un peu d’assistance d’un technicien.  Le Frère Henri s’est rendu chez le dentiste cette semaine.  Tout en travaillant, la préposée à l’hygiène buccale faisait part de ses opinions, assez intéressantes par ailleurs, sur la vie en général.  Elle voulait savoir comment la vie se déroulait sans la ferme laitière.  Comme c’est souvent le cas, la personne qui pose la question a déjà une idée toute faite de sorte qu’une réponse importe peu.

Dimanche 16 : Durant la période d’adoration eucharistique les soirs des dimanches de l’avent, nous chantons le long et magnifique hymne Rorate cœli, « Ciel, répands ta rosée. »

Lundi 17 : Je regardais, avant l’aube, l’atelier de réparation relativement nouveau, surtout son toit surélevé, et je me disais qu’il serait très joli avec des lumières de Noël.  Les techniciens en géothermie sont venus.  Un long camion est arrivé pour livrer une palette de conserves trappistes pour le magasin, expédiées du monastère de Spencer, Mass.  Le conducteur était manifestement étonné de se trouver soudainement dans un monastère, mais il était tellement maître de lui qu’il était impossible de dire de quelle manière il était frappé par son environnement.  Comme nos portes sont de taille normale, il a dû laisser la palette sur la route entre le monastère et lac.

Mardi 18 : Un peu de soleil, et la neige projetée dans les airs par les machines ont rappelé des souvenirs de journées enneigées plaisantes.  Au chapitre, le Père Innocent a mentionné une tradition selon laquelle un ange disait à Pacôme combien d’offices par jour devait constituer la prière commune des moines, et pourquoi.

Mercredi 19 : Parce que la neige a tellement dérivé après la chute, le Frère Stephan a dû déneiger à nouveau aujourd’hui.  Pendant la méditation après les vêpres, les lumières éteintes, quelqu’un a littéralement bondi dans la chapelle, faisant tourner les têtes.  Il expliqua au Frère Glic qu’il devait remettre une pièce au Frère Steve.  On aurait dit un cône de métal.

Jeudi 20 : Simone nous a fait un dessert à la pizza et aux bleuets.

Vendredi 21 : Avec l’eau qui s’infiltre à travers les fondations à l’entrée du sous-sol, je me suis demandé ce qui arriverait si un millionnaire nous laissait une liasse d’argent pour faire des rénovations.  Une fois, il y a une vingtaine d’années, un ami d’un ami, millionnaire au Texas, nous a rendu visite.  Nous lui avons fait visiter le monastère de fond en comble.  Il était l’une des personnes les plus aimables que j’aie rencontrées.  Comme je m’étonnais de son sourire, il s’exclama : « Ces types (les moines) n’ont pas d’ordinateurs dans leurs chambres ! Je vais en donner un à chacun de vous » ! Alors qu’il parlait avec beaucoup de satisfaction de placer des ordinateurs ici et là — en avions-nous vraiment besoin ? —, j’ai réalisé qu’il ne nous laisserait pas d’argent.  Au bout du compte, il ne nous a pas donné d’ordinateurs non plus !

Samedi 22 : Nous avons une bonne provision de fromages pour Noël.

Dimanche 23 : Nous avons chanté la dernière des antiennes ‘O’ de l’avent, une sorte d’avant-dernière préparation à la naissance du Christ.  Steve ne chante généralement pas lorsqu’il nous accompagne à l’orgue, mais il le fait exceptionnellement pour ces antiennes.

Lundi 24 : John et le Père Innocent ont réaménagé l’aire d’accueil qui est petite.  La ville est calme, et à l’approche de Noël, elle peut vraiment ressembler à une ville féérique à cause de la délicatesse et de la cohérence des différents personnages qui la composent.  Elle est comme un livre imagé avec de nouvelles histoires ajoutées, inconnues il n’y a pas si longtemps.  Dieu nous a amené à une autre veille de Noël, avec à la fois variation et continuité dans les bienfaits accordés, les amis, les activités et la prière.  Il y avait un petit groupe pour la messe du soir, très fervent.  Le fait d’avoir des participants inhabituels, y compris mon frère cadet qui a fait un effort pour se rendre ici, a semblé ajouter à la solennité du moment.

Mardi 25 : Grand soleil pour Noël, avec des célébrations qui, par moments, semblent nouvelles : la paix qui émerge.

Mercredi 26 : Bien que le chocolat soit abondant cette année au point de nous ralentir, les moines parviennent à manger les fromages à un rythme impressionnant : le Gouda, le Suisse, le Gorgonzola, le semi-affiné, tout comme le nous-ne-sommes-pas-trop-certains !

Jeudi 27 : Un vieil ami de la communauté est arrivé avec des éperlans frais.  Ceux qui les aiment les aiment beaucoup, et ils ont été bien préparés en un rien de temps.

Vendredi 28 : Avant l’aube, de délicates ombres se sont formées sur le lac avant même qu’on puisse songer qu’il y aurait assez de lumière.  Peut-être qu’une partie de la magie hivernale est le sentiment qu’il n’y aura plus rien à faire, que nous nous arrêtés, que le temps est suspendu.  On a l’impression que les choses seront toujours aussi rigides et immobiles.  Le Frère Stephan a travaillé cet après-midi et ce soir sur la génératrice diesel d’urgence.  La conduite de gaz avait gelé et une batterie avait explosé.  Durant cette période de l’année, il est particulièrement rassurant d’avoir le générateur prêt en cas de tempête de verglas.

Samedi 29 : Maurice notre cuisinier  est arrivé au travail ce matin en chantant.  Le Frère Glic arrosait les nombreuses plantes dans le scriptorium, tandis que John et le Père Bede jetaient un coup d’œil à l’intérieur des appareils de chauffage sur leurs supports muraux.

Dimanche 30 : J’ai demandé à Maurice s’il était matinal ; il a répondu par l’affirmative.  Les prières pour la fête de la Sainte-Famille, produites par les cisterciens, sont bonnes et semblent avoir plus de sens dans un monde de plus en plus frénétique.  Je me demande s’il y a une spiritualité cistercienne de la famille, parce que des prières émanent une forte concentration, une sensibilité, une simplicité.

Lundi 31 :  Deux vieux amis de l’extérieur de la province sont arrivés pour faire retraite, ne sachant pas que l’un et l’autre seraient ici en même temps et qu’ils auraient le plaisir de se retrouver.  Le Père Bede s’est rendu chez les Sœurs pour leur dire la messe ce soir, car on prévoit une neige abondante pour demain.

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