Mai 2019

Mai 2019

Mercredi 1er : Avec un nouveau mois devant nous, les moines choisissent les dates à l’avance sur la feuille de sortie du véhicule.  Le Père Innocent se rendra au Québec en mai.  D’autres moines ont des rendez-vous médicaux.  Victoria and Abdul : The True Story of the Queen’s Closest Confident est la nouvelle lecture au réfectoire.  Il est assez détaillé et aussi très bien rédigé, une combinaison de qualités gagnantes pour les lectures au réfectoire.

Jeudi 2 : Travaillant à l’accueil de l’hôtellerie, le Père Bede aide les retraitants et les visiteurs à s’inscrire et à s’installer ; il répond parfois aux questions concernant le choix des saveurs des conserves en provenance de Spencer, saveurs souvent nouvelles pour les personnes ici comme la gelée de coing ou la gelée de sureau.  Les conserves se vendent bien, mais pas aussi bien que le miel.

Vendredi 3 : En ville, la nouvelle directrice de la catéchèse paroissiale s’est dite heureuse de sa première année en poste.  Dans notre cour, le Frère Glic a soigneusement semé des parcelles de terre où la pelouse avait beaucoup souffert durant l’hiver.

Samedi 4 : Le Père Roger a souligné à quel point les jonquilles sont belles cette année.  Le Frère Stephan a rehaussé le niveau d’un important chemin de terre qui descend vers le sud-est à partir du monastère en passant par un tuyau d’évacuation d’eau, puis qui monte à travers les bois.  Dans le passé, la route a souvent été emportée par le débordement d’eau causé par le déversement d’un autre cours d’eau provenant d’une région boisée.

Dimanche 5 : Pendant que j’enlevais le recyclage, des hot rodders circulaient dans le coin.  Pas tout à fait des hot rodderss seulement des jeunes furtifs qui se baladent dans des véhicules de couleurs sombres.  Il m’est venu à l’idée qu’il n’y a plus de distinction entre l’éclatement du samedi soir et la quiétude du dimanche qui, souhaitée ou non, apporte la paix.

Lundi 6 : Quelques moines ont voté aujourd’hui à Colette sur une proposition de regroupement des communautés locales en une seule ; la proposition a été rejetée par une large majorité.  Le plan semblait un peu vague, mais certains disent qu’une agglomération finira par s’imposer.  Le Père Innocent s’est rendu à Moncton aujourd’hui pour préparer l’équipement pour les travaux sur les pommiers.  Le verger ne peut pas attendre, car il atteint différents stades de croissance.

Mardi 7 : Les haies basses du côté sud du monastère ont été taillées. L’endroit paraît plus net désormais.  Sur la pelouse avant, il reste encore quelques plaques de neige.

Mercredi 8 : Avec les radiateurs éteints dans la chapelle, le silence, l’acoustique et le flux liturgique sont un peu différents, les « visages » des appareils de chauffage muraux sont maintenant aveugles.  Notre chapelle est jolie avec des fleurs à l’intérieur.

Jeudi 9 : Les gâteries de Pâques forment aujourd’hui un décor minimaliste, principalement des chocolats délaissés et les bonbons Jolly Rancher.  Ceux-ci semblent avoir perdu un peu de leur éclat depuis leur apogée dans les années 1990.  Il reste encore quelques gâteries de Noël sur la table, notamment un Père Noël en chocolat à petit prix enveloppé dans du papier d’aluminium qui nous regarde depuis si longtemps ! Son regard bizarre a finalement été brisé cette semaine lorsque quelqu’un s’est servi et a froissé le papier d’aluminium.

Vendredi 10 : Un étudiant du King’s College de Halifax est avec nous pour quelques jours, se faisant rattraper par sa thèse qui porte sur l’Eucharistie.

Samedi 11 : Le Père Innocent a assisté à une ordination diaconale à Moncton aujourd’hui, alors qu’il était en ville pour voir le Frère Henry.  Le Frère Léo garde un œil attentif sur le monde extérieur.  Il dit que le printemps, même par une belle journée, n’est pas très beau à voir.  Cependant, il y a un peu plus d’activité à l’extérieur, ce qui est agréable tout autour.

Stephan and Bede

Dimanche 12 : À la fin de la messe dominicale, tous les moines sortent en procession.  Une fois que nous entrons dans la sacristie à l’arrière de la chapelle, tous s’inclinent vers le crucifix.  Ce matin, le Frère Léo a demandé comme d’habitude : « Est-ce terminé » ?  Après la messe de ce matin, il a salué une famille liée à la sienne, la plus jeune personne présente étant l’arrière-petit-fils du cousin germain de Léo, du côté de sa mère.

Lundi, 13 : Le Père Innocent est parti ce matin pour participer à la réunion des supérieurs de l’OCSO de la région canadienne à Val Notre-Dame (autrefois Oka), au Québec.  Il est parti très tôt avec la Kia ; je crois que les réunions commencent demain.  Le Frère Glic a travaillé aujourd’hui dans la serre, puis sur le terrain où il a ratissé les feuilles tombées l’automne dernier.  Sur la route, on est frappé de voir, après un hiver particulièrement rigoureux, des drapeaux canadiens et acadiens flotter aux mats des maisons.

Mardi, 14 : Une mangeoire à oiseaux remisée a été placée dehors pour la première fois.  C’est notre unique mangeoire.  Le livre audio que nous écoutons au réfectoire aujourd’hui nous a appris comment prononcer correctement le prénom de Rudyard Kipling. La première syllabe doit rimer avec ‘Bod’ et non avec ‘Rude’.

Mercredi, 15 : Les retraitants qui reviennent année après année trouvent le lieu (si calme normalement) plus calme encore.  Moi aussi j’ai remarqué une différence récemment.  C’est peut-être dû en partie que c’est le second mois de mai sans production laitière.  Notre premier printemps dans ces circonstances avait été très paisible bien sûr, mais la disparition de l’ambiance ordinaire créait un contraste si saisissant que tout semblait plus intense ; même en regardant autour de nous vers l’arrière de la ferme.  Le Père Roger a acheté une nouvelle essoreuse à salade, elle est très jolie.  Comme elles se brisent facilement, nous en avons eu plusieurs ! Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Roger ce qui signifie qu’il y aura un gâteau au chocolat.

Jeudi, 16 : Au moment où un groupe de retraitants s’inscrivait, deux professeurs d’université sont arrivés.  Ils sont venus visiter le monastère pour la première fois, guidés par le Père Roger.  Ils furent momentanément confondus pour des retraitants du groupe qui arrivait.

Vendredi, 17 : Nous sommes sans nouvelles de la réunion des supérieurs, mais il est réconfortant de les savoir tous ensemble.  Dehors, les températures grimpent juste un peu au-dessus de zéro, et nous avons encore un saupoudrage de neige.  Les oiseaux nés tout récemment sautillent allégrement dans un monde complètement nouveau pour eux.  Nos cuisinières/cuisiniers emploient désormais pour nos salades de la roquette et des radis fraîchement cueillis dans notre serre.

Samedi, 18 : De retour en milieu d’après-midi, le Père Innocent convoqua la communauté.  Même si l’air ne se réchauffe pas, ce matin, à l’aube, les oiseaux ont chanté en chœur pour la première fois comme s’ils voulaient dire, c’est une affaire sérieuse, chantons autant que nous pouvons, c’est réellement le printemps.

Dimanche, 19 : Un groupe est parti et maintenant il ne reste qu’un seul homme à l’hôtellerie.  Il est heureux et, comme tel, n’avoir que lui c’est comme s’il y en avait plusieurs comme lui.