JUIN 2019

JUIN 2019

La nuit est devenue comme le jour!

 

Samedi 1er : Notre mangeoire à oiseaux attire quelques oiseaux chanteurs, mais les mangeoires des sœurs attirent une plus grande variété d’oiseaux.

Dimanche 2 : Un nouvel éclairage extérieur est en place, éclairant la zone devant l’hôtellerie toute la nuit.  Il se trouve que la lumière tombe fort bien sur la statue de la Vierge qui s’y trouve.  À la messe, le Frère Stephan a joué un bel offertoire avec un ton de carillon.  Au déjeuner, contrairement à notre habitude, nous avons parlé, mettant la musique du dimanche en attente pendant une semaine.  Cet après-midi, j’ai pu parler par téléphone avec un ermite qui habite en ville.  Il m’a offert une nouvelle perspective sur beaucoup de choses, y compris la vie urbaine avec ses hauts et ses bas.

Lundi 3 : Le Frère Henry a vu son nouveau neurologue aujourd’hui.  Avec les départs à la retraite et l’exode des médecins, il s’agit de son troisième neurologue au fil des ans, car il est soigné pour la maladie de Parkinson.  Chaque médecin a son propre style et chacun prend différentes voies en ce qui concerne le traitement.  Ce nouveau médecin est un autre excellent docteur.

Mardi 4 : Au chapitre ce matin, Dom Innocent a poursuivi le commentaire de la Règle de saint Benoît sur la correction des fautes, faisant allusion à la nature poignante de la situation quand on se retrouve à un moment inhabituel de sa vie alors qu’il nous faut rendre des comptes.

Mercredi 5 : Le Frère Léo est retourné travailler à la porterie, mais à temps partiel.  Récemment, nous avons accueilli un retraitant européen.  C’est relativement rare, mais pas tellement inhabituel.  Plus rares sont les retraitants en provenance des États-Unis, malgré que la frontière soit proche.  Dom Innocent s’est rendu à Moncton pour visiter le Frère Henry.

Jeudi 6 : La remise près de la grotte est repeinte en vert foncé.  La couleur convient parfaitement en ce coin.  Cette année, il y a plus de petites fleurs sauvages bleues bordant le long escalier menant à la grotte.

Vendredi 7 : La berge de notre lac est une ligne droite parallèle au monastère et à la route.  Quelques arbres d’en bas ont maintenant tellement poussé qu’ils s’élèvent désormais au-dessus de la berge, semblant sortir de nulle part.  Lorsque j’ai demandé dans quelle mesure le lac est artificiel et comment la berge est devenue ce qu’elle est, le Frère Stephan m’a dit que la falaise avait été créée il y a plus d’un siècle avec de grandes quantités de remblais déversés ici par une équipe du CN.

Samedi 8 : Nous approchons de la fin du livre lu au réfectoire et qui porte sur la vie de la reine Victoria.  Après sa mort, les gens qui formaient sa cour apparaissent sous un autre jour, alors que les événements mondiaux donnent des signes avant-coureurs que l’empire tel qu’il existait alors ne tiendrait pas.

Dimanche 9 : Pour marquer la fin du temps pascal, nous avons eu un déjeuner festif avec conversations animées.  Je crois aussi que nous avons été filmés.  Alors que nous parlions d’arbres, Bede a expliqué l’absence récente des aigles.  Il a été témoin d’une bataille aérienne épique entre aigles et corbeaux qui aurait pu rivaliser avec la bataille d’Angleterre, nos corbeaux étant déterminés à défendre leur nid qui, selon Steve, est immense, et donc leur territoire aussi.  Bede dit aussi qu’il a entendu les coyotes aboyer durant la nuit, récemment.

Lundi 10 : Ce matin, le Père Bede a enlevé l’icône de la Pentecôte devant l’ambon puisque nous retournons au temps ordinaire.

Mardi 11 : Au chapitre, Dom Innocent évoqua la possibilité de faire venir un confesseur de l’extérieur pour les moines, une pratique qui ne s’est pas faite depuis un bon moment.  Le Frère Stephan mentionna que les grandes portes rouges de la chapelle auront besoin d’attention pour les protéger contre l’infiltration d’eau.  Le problème est causé par un écoulement du toit au moment où elles ont été posées.

Mercredi 12 : Un retraitant ici à de bons souvenirs du monastère durant les années 1970 et 1980.  Cette période semble avoir été un point fort d’une certaine manière.  Il s’agissait sans doute d’un mélange d’humilité et d’humanité de la part des moines de l’époque combinée à la culture religieuse de l’époque qui faisaient que l’endroit était rempli de joie.  Cette joie a perduré.

Jeudi 13 : Le Frère Stephan a repris le travail ce matin sur le portillon automatique de la clôture.  Les classes d’immersion de 5e année de l’école rurale de Nelson sont venues ici à l’occasion de leur excursion pédagogique de fin d’année.  Ils débarquèrent de leur autobus jaune pour être plongés dans un univers nouveau pour eux.  Ils ont posé beaucoup de questions avec bonté et sérieux, mais ils ont aussi eu du bon temps.

Vendredi 14 : Il faut être agile par les temps qui courent pour entrer dans une automobile à cause de la myriade de moustiques qui veulent aussi profiter d’une balade.  Le nouveau livre lu au réfectoire, God’s Smuggler, commence spectaculairement.  Par son style il rappelle quelque peu All Things Great and Small lu l’an dernier.  J’imagine qu’il traite de la contrebande de bibles, mais attendons la suite. 

Samedi 15 : L’arbre planté par feu Mgr Donat Chiasson devant l’hôtellerie lorsqu’il fut sacré archevêque de Moncton en 1972 s’embellit d’année en année.  Il en serait très heureux.  Des ajustements aux appareils auditifs ont causé un peu de bruit récemment, et ne sont pas sans rappeler les moines d’autrefois avec leurs étonnants chants perturbés par les appareils auditifs.

Dimanche 16: Dom Innocent s’est rendu à la poterie aujourd’hui alors que d’autres sans tâches spécifiques ont fait de la bicyclette, du bateau ou tout simplement flânés agréablement.  Un sympathique couple Acadiano-Américain est dans les parages pour l’été.  Ils nous ont rendu visite.

Lundi, 17 : L’un des chats de la colonie féline ici prenait ses aises à l’ombre d’un gros arbre au nord du monastère cet après-midi.  Plus tard, un ouvrier agricole à la retraite roula lentement, très lentement aux confins de la ferme.  Dom Innocent prit part à une cérémonie de pelletée de terre et de bénédiction de l’autre côté de la route où nos sœurs réalisent leur rêve de construire un nouveau monastère plus petit sur leur site.  À l’époque des séances de photos, cette occasion se classait parmi les plus importantes !

Bénédiction du Site de Construction pour la Nouvelle Résidence des Soeurs Trappistines de l’Assomption.

Mardi, 18 : Au chapitre, Dom Innocent parla de la contrition comme d’une tristesse curative, et il décrivit l’amour et la prière comme une « correction » par excellence.

Mercredi, 19 : Plusieurs hymnes reviennent avec le temps ordinaire ; ils sont comme de vieux amis.  Notre confesseur externe est venu et nous a même laissé des exemplaires dédicacés de deux de ses livres.  Une infirmière de l’extra mural a rendu visite au Frère Léo.  Elle était fascinée par le monastère ; le personnel de l’extra mural semble composé toujours de gens positifs, du moins si l’on se fie aux personnes qui nous visitent.  Elle prétend que son français n’est pas le meilleur ce qu’elle attribue au nasillement propre à la Miramichi, entravant plus ou moins une bonne élocution en français.  Sa réflexion m’a surpris.  Le nasillement de la Miramichi est plutôt plaisant.

Jeudi, 20 : Dom Innocent a réussi à, premièrement, trouver combien de lignes téléphoniques nous avons et, deuxièmement, comment les réduire en fonction de nos besoins réels.  À Moncton, aujourd’hui, le Frère Henry a réussi joyeusement le premier d’une série de tests avec son nouveau neurologue.

Vendredi, 22 : Le Frère Stephan a remplacé une roue sur notre poubelle de recyclage.  Notre ami Peter est réapparu dans nos corridors avec son sourire. Il est ici pour un séjour de deux semaines dans la section des moines.  Les arbustes sont secs.

Dimanche, 23 : Après le repas de midi, le Frère Stephan a pris la route pour une visite de quelques jours en Nouvelle-Écosse où il a de la famille et où celle-ci résidait avant son entrée au monastère durant les années 1980.