L'Abbaye de Notre-Dame du Calvaire
Au
coeur de l'Acadie, deux monastères.
Présences discrètes, mais bien vivantes. Les Trappistines et les Trappistes
appartiennent à la grande famille cistercienne.
Les
monastères cisterciens sont avant tout des haut-lieux de prière. Non pas qu'on prétende y prier mieux qu'ailleurs, mais la
vie de ces moines et moniales, est tout orientée vers la recherche de Dieu et l'union à Lui dans une prière qui se veut incessante.
Notre-Dame du Calvaire est une communauté de moines fondée en 1902 et établie aux limites du village
de Rogersville, à 100 km au nord de Moncton, Nouveau-Brunswick.
Dans un monde tout occupé à s'étourdir dans la frénésie des divertissements, des évasions, des illusions,
le monastère cistercien se veut un îlot de vérité. Là, l'âme avide de vivre y apprend, dans la longue patience de toute une
vie, le chemin secret du coeur. On y suit un guide sûr, la Règle de Saint Benoît. Écrite au Vle siècle, celle-ci a formé des
générations de chercheurs de Dieu, sur tous les continents et à travers toutes les vicissitudes de l'histoire,
Le grand défi de la vie cistercienne est sans doute sa simplicité, première exigence de la vérité,
Elle marque profondément le vécu du moine et son environnement. L'architecture l'art, la liturgie qui est la moelle de son
quotidien, tout comme le déroulement des jours ordinaires, tout est empreint de simplicité, car le Dieu qui est recherché
est un Dieu simple, le Dieu Un. Cette unité, le moine s'applique à la refaire en lui-même d'abord, car il a appris à reconnaître
que les divisions dont souffre le monde et tout être humain ont leur origine dans son propre cœur. C'est pourquoi il
se fait moine, du grec monos qui signifie un ou seul.
La
solitude et le silence sont deux éléments indispensables à la vie du moine, Son célibat, sa retraite au désert, l'apparente
monotonie de son quotidien trouvent là leur explication. Tout ce qui le distrait de sa recherche, tout ce qui la brouille
et la ralentit est soigneusement évité. Par contre, il s'appliquera volontiers à cultiver, le champ de ses connaissances intellectuelles
et spirituelles.
Le moine cistercien est un cénobite, c'est-à-dire, qu'il vit dans une communauté, sous une règle et
un abbé. Il n'a pas choisi les frères avec lesquels il vit, il a plutôt accepté ceux que Dieu lui a donnés. c'est avec eux
et en eux qu'il apprendra à reconnaître et aimer le Christ par-dessus tout, non
pas en paroles ou de sentiment, mis dans la vérité vérifiée au creuset de l'amour fraternel.
L'obéissance est pour lui le chemin de la vraie liberté, il ne s'agit pas
de faire ce que l'on aime, mais d'aimer ce que l'on fait. Pour saint Benoît, l'abbé tient dans le monastère la place du Christ.
C'est donc au Christ luimême que le moine obéit lorsque dans le monastère ilrenonce à suivre sa volonté propre. C'est
avec le Christ obéissant qu'il fait alliance et, toujours selon saint Benoît: « le moine n'aura rien de plus cher que le Christ
».
Dans la Règle de saint Benoît, on peut encore Ilire ‑ « C'est alors qu'ils seront vraiment moines,
lorsqu'ils vivront du travail de leurs mains, à l'exemple de nos pères et des Apôtres ». A Notre‑Dame du Calvaire, les
deux principales sources de revenu sont une ferme laitière et l'élevage du poulet. Chaque frère contribue, selon ses capacités
et les besoins de la communauté, aux travaux quotidiens. Les anciens apprécient particulièrement la possibilité de s'occuper
à divers travaux et d'être utiles à la communauté jusqu'à un âge avancé.
Avec
la prière et le travail manuel, la Lectio divina est un des trois piliers de la
journée monastique. Plus qu'une simple lecture dans n'importe quel livre, elle est la fréquentation du Christ dans sa parole,
elle est un coeur à coeur avec Dieu. Le moine s'efforce d'y consacrer une bonne partie de son temps. Elle est le meilleur
terreau pour sa prière
L'accueil
des hôtes de passage est une tradition toujours précieusement conservée dans les monastères où se vit la Règle de saint Benoît.
Si le moine s'est retiré du monde, ce n'est pas pour jouir égoïstement des trésors de la vie monastique : il est heureux de
les partager avec quiconque cherche Dieu dans la solitude et le silence. Chaque monastère cistercien doit avoir une hôtellerie
proportionnée à son personnel et à ses capacités. On y accueille des retraitants de toute race, langue ou confession.
Ainsi, l'Abbaye Notre‑Dame
Calvaire possède une hôtellerie qui peut héberger 12 personnes, mais pas plus que 4 femmes à la fois.
Nous avons aussi deux suites pour couples. On peut acceuillir une personne hadicapée, homme ou famme, pourvu qu’elle
soit autonome et/ou
accompagnée d’une aide. Les hôtes viennent en vue de partager la vie de
prière des moines. Ils sont enrouragés à assister à la liturgie des heures et
à l’eucharistie. Des livres leur sont fournis à cet effet. Ils ont libre accèes à la chapelle de la communautè. Ils disposentégalement
d’une petite chapelle du côté de l’hôtellerie.
D'où
viennent les Cisterciens-Trappistes ? Saint Benoît de Nursie au Vle siècle, écrivit une règle pour ses Moines, devenus ses
disciples. Cette règle modèle d'équilibre et de discrétion, finit par être adoptée
par la plus grande partie du monde monastique occidental. Ceux qui vivaient sous cette règle étaient appelés Bénédictins.
Au Xle siècle, un groupe de moines issus de l'abbaye bénédictine de Molesmes, en France, allèrent fonder un nouveau monastère
dans un lieu sauvage appelé Cîteaux. Il espéraient y vivre plus exactement la Règle de saint Benoit. Le « Nouveau Monastère
», comme on l'appelait alors, devint rapidement le berceau d'un ordre, l'ordre Cistercien, qui, sous l'impulsion de saint
Bernard, finit par couvrir de monastères, en peu d'années, l'Europe entière.
A
la fin du XIXe siècle, des lois anticléricales obligeaient les congrégations religieuses à quitter la France Au même moment,
Marcel-François Richard, curé fondateur de Rogersville, rêvait de faire venir des moines agriculteurs dans sa paroisse afin
d'encourager ses colons, qui se laissaient trop facilement séduire par la perspective d'une fortune facile du côté des Etats-Unis,
à demeurer sur leurs terres. Ayant été mis en contact avec Dom Émile Lome, supérieur de l'abbaye de Bonnecombe, en France,
qui cherchait justement un refuge pour sa communauté menacée d'expulsion, il lui exposa sa demande, en promettant le terrain
pour une fondation.
C'est ainsi que, le 1 novembre
1902, (aux petites heures du matin, un embryon de communauté prenait possession d'une modeste cabane, à Rogersville, et commençait,
sans plus de cérémonies, l'office de la fête du jour, la Toussaint. Depuis ce jour, les moines de Notre-Dame du Calvaire n'ont
jamais cessé de célébrer quotidiennement la louange divine.