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Pas plus de nos jours que jadis, l’agriculture est loin d’être une carrière facile
et payante. La communauté locale de Rogersville et des environs essaie toujours d’en vivre, et les moines sont
heureux d’y jouer leur part.
Puisque le monde aura toujours besoin de nourriture, l’humanité aura évidemment toujours
besoin de fermiers. Comme les consommateurs se montrent de plus en plus exigeants quant à la provenance de leurs aliments
et qu’ils ont de plus en plus tendance à favoriser davantage les marchés locaux, nous croyons possible
que les petites fermes reviennent à la mode,. De plus, une plus grande préoccupation pour la qualité
de l’environnement rend moins sympathique l’établissement des méga productions agricoles, et mieux
venues les fermes à taille plus « humaine ». C’est ce qui nous encourage à tenir
le coup, dans l’espoir d’un retournement de situation favorable à l’agriculture locale. Une
des considérations qui ont présidé à la fondation de notre monastère était que les
moines, selon une ancienne tradition, se livreraient aux travaux d’agriculture. Dans sa première constitution
civile, le Calvaire était même officiellement reconnu comme ferme modèle,. Il n’y a pas de doute
que le contact étroit avec la terre et l’élevage d’animaux s’harmonise particulièrement
bien avec une vie de prière centrée sur le Dieu Créateur. Toutefois, il ne reste plus que quelques monastères
à vivre encore d’agriculture. La communauté de Notre-Dame du Calvaire désire persévérer
dans ce genre de vie et s’efforce de mettre ses terres et forêts à contribution, par ses produits agricoles
– surtout le lait et le poulet –, au mieux être de la communauté humaine. Les moines aiment
faire des choses qui sont bonnes en soi, sans regarder de trop près les rapports financiers. Il ne s’agit
ni d’une entreprise de haute technologie, ni d’une ferme « organique », mais d’une
ferme toute simple et sans prétentions, comme la communauté elle-même, d’ailleurs. Nous suivons,
bien sûr, les normes du gouvernement et les avis de nos vétérinaires en ce qui concerne le soin de nos
animaux. Nous sommes heureux de vivre ainsi en solidarité avec la communauté agricole et avec les fermiers
ordinaires. Nous gardons donc espoir que se trouve encore quelque part des chercheurs de Dieu rêvant de Le trouver
et Le fréquenter dans l’humilité de sa création et la beauté de la nature, au lieu que dans
un contexte plutôt industriel.
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