OCTOBRE-NOVEMBRE 2018

Début de rassemblement pour une conférence de retraite. Mère Benedict, Frère Léo et Dom Innocent.

 

Lundi 29 : Le Frère Glic a repeint le tracteur John Deere, dorénavant pimpant et brillant.  Le système géothermique produit mystérieusement moins de chaleur.  Un peu d’eau venue de l’extérieur a pénétré dans le sous-sol aujourd’hui.  Les moines ont regardé partout, mais ce fut Léa, notre femme de ménage aux yeux d’aigle, qui a trouvé la source de la fuite.

Mardi 30 : En procession de la chapelle au chapitre ce matin, il faisait presque complètement noir dans le scriptorium.  Certains moines aiment avoir des veilleuses allumées lorsqu’il fait nuit ; d’autres préfèrent un éclairage aussi tamisé que possible.  Au chapitre, le Père Innocent nous a demandé de jeter un coup d’œil au document « Portrait d’un moine idéal », que son prédécesseur a rédigé et révisé périodiquement ; il donne à un nouveau venu une idée de ce à quoi il doit viser et il nous sert de guide.  La raison pour laquelle nous l’avons réactivé, c’est qu’un aspirant se joindra à nous pour un mois dans quelques jours.

Mercredi 31 : À en juger par le recueil des réservations, le pavillon des hôtes sera un peu plus actif durant les prochaines semaines. Nous disposons de deux suites et elles sont beaucoup plus recherchées qu’elles l’étaient auparavant.  Les autres chambres d’hôtes sont semblables à des chambres de dortoir.  Le Père Innocent s’est rendu à Moncton aujourd’hui pour aller chercher notre maître de retraite pour 2018, Mère Benedict Thissen, qui a été abbesse d’Arnhem, aux Pays-Bas, de 1994 à 2014.

NOVEMBRE

Jeudi 1er : L’aigle a crié ce matin, un son si pur, comme s’il venait d’un autre monde.  C’est aujourd’hui le 116e anniversaire de notre monastère.  Y aura-t-il un gâteau spécial pour le 120e, ou peut-être le 125?  Aujourd’hui fut une journée tout à fait sympathique ; nous avons eu la chance de parler à Mère Benedict pendant le déjeuner.  Bede nous a expliqué à quel point il est agréable de faire du vélo dans son pays, les Pays-Bas.

Vendredi 2: Les travaux de chauffage géothermique ont bien progressé cette semaine.  Des problèmes ont été résolus concernant l’une des pompes, une fuite de fréon sera également aménagée ; une nouvelle unité de chauffage de remplacement a également été installée dans le réfectoire.

Samedi 3 : Le pavillon des hôtes est illuminé par les visiteurs et il projette le sentiment d’intérieurs de différentes personnes toutes réunies dans un même endroit pendant quelques jours.  L’un des meilleurs livres que nous ayons eus pour la lecture au réfectoire était Having Our Say, les mémoires de deux sœurs âgées de plus de 100 ans.  Et maintenant c’est la lecture d’un livre de Jimmy Carter qui traite sensiblement du même sujet à cause de son grand âge.  Les souvenirs ont été filtrés au cours de longues décennies de sorte que la simplicité et la quiétude imprègnent le livre.

Dimanche 4 : L’électricité a été coupée hier soir, de sorte que Steve a dû descendre et allumer le générateur de secours.  Dans l’après-midi, il a dû apporter du carburant diesel jusqu’au réservoir de la génératrice.  Des vents violents ont abattu de grands arbres ici, et les écureuils étaient très heureux, sans doute y ont-ils trouvé des friandises, car ils étaient moins timides que d’habitude avec les humains.

Lundi, 5 : Les conférences de la retraite annuelle pour 2018 ont lieu deux fois par jour, juste après les laudes, puis à 16h20.  Entre les deux, M

Nettoyage des arbres abbatus – Frère Étienne

ère Benedict se rend de l’autre coté de la voie ferrée pour donner la retraite à nos religieuses.  Les journées rappellent inévitablement les autres retraites précédentes et les prédicateurs de retraites : leur façon de parler, leur façon de vivre.

Mardi, 6 : Aujourd’hui, Mère Benedict a traité de Stabilitas, s’inspirant part moment du livre Quatre Quatuors de T.S. Eliot.  Il y a des débris de la toiture sur la pelouse, laissés là par les vents violents du week-end dernier.

Mercredi, 7 : Le changement d’heure, qui est contrôlé automatiquement par notre horloge numérique, nous accorde une minute additionnelle fort bien accueillie lorsque nous nous rassemblons en commun pour la prière.  Le Frère Glic était de bonne humeur aujourd’hui, car il se demandait, tout perplexe, où étaient passés le seau jaune de lavage et sa serpillière ?

Jeudi, 8 : Le système de chauffage gargouille et clique.  C’est un peu comme si nous étions à bord d’un bateau.  Dans ses conférences, Mère Benedict approfondit les fondements de notre vie en touchant à des éléments comme notre communautarisme ou l’humilité.  Pendant qu’elle parle, on peut sentir le silence dans la pièce qui se modifie peu à peu alors que, intérieurement, nous franchissons une étape.

Vendredi, 9 : Simone, notre cuisinière, anticipant le temps de Noël, a préparé des pâtés à la viande. Les gargouillements et les bruits intermittents du système de chauffage  ont pris une nouvelle tournure, donnant un air tropical à la maison, par le son bien entendu.  Malheureusement, le système de chauffage a lâché et par une fenêtre nous avons pu voir, après complies, des techniciens grimper sur des échelles.  Cette fois, leurs efforts ont été couronnés de succès.

Samedi, 10 : C’est aujourd’hui le 80e anniversaire du décès du fondateur du Calvaire, Dom Antoine Piana.  Au cours de ses conférences, Mère Benedict rappela diverses transitions qu’elle a vécues : son entrée au monastère, devenir supérieure puis s’habituer à ne plus l’être.  Elle a parlé de l’importance d’un sens de l’humour dans la vie spirituelle, et une retraite rend possible cette rencontre avec l’humour, simplement à cause de la gravité du sujet, du défi de prendre en compte une telle présentation.

Dimanche, 11 : Mère Benedict et le Père Innocent se sont joints aux religieuses pour le déjeuner d’aujourd’hui.

Lundi 12 : Le soleil se couchant plus tôt jette une belle luminosité au bas de l’horizon, ce qui donne une voix, visuelle, à l’extérieur. Aujourd’hui, on s’affaire à ranger les débris d’arbres tombés et qui ont été empilés par le Frère Stephan. Le vent a emporté ces arbres qui étaient rangés devant l’allée menant au monastère, toutefois le site pourrait avoir une meilleure apparence avec moins d’arbres.

Mardi 13 : La Toussaint bénédictine.  La prière est quelque peu différente lorsqu’elle célèbre des saints anonymes aussi bien que ceux qui sont connus et issus de notre tradition, ce qui cadre avec ce à quoi nous sommes appelés.

Mercredi 14 : Des oiseaux que l’on ne voyait pas ont volé tout près de la chapelle ce matin, et le soleil a projeté leur silhouette sur les volets entrouverts.  Un voisin bienveillant est venu nous prêter main-forte aujourd’hui avec son tracteur pour transporter les arbres abattus.  Le Frère Glic astiquait les vases sacrés aujourd’hui.

Jeudi 15 : Notre aimable livreur d’épicerie est venu aujourd’hui. Il y eut une séance photo impromptue au chapitre après laudes avec Mère Benedict.  Ce fut une occasion pour prendre congé d’elle avant son départ pour l’aéroport ce matin.  Elle a pu rencontrer notre Frère Henry à Dieppe avant son vol.

Vendredi 16 : Ce matin, juste avant laudes, il y eut un soupçon de lueur matinale,  c’était tellement beau.  La grange laitière se trouve dans la même direction à l’est, et parce qu’elle est plongée dans la noirceur de la nuit, elle nous donne l’impression que, d’une façon ou d’une autre, nous avons changé de planète.

Samedi 17 : En ville, on voit un panneau d’affichage astucieux (du moins pour nous) érigé à proximité de l’église : Rogersville sera l’une des communautés hôtesses du Congrès acadien l’été prochain.  Sur le panneau il y a une joyeuse famille au milieu de l’événement.  Le Frère Stephan était dehors avant l’aube ce matin avec la souffleuse.

Dimanche 18 : Notre ami le bûcheron nous a rendu visite, mais j’ai négligé de lui demander quel genre d’hiver auquel nous devons nous attendre d’après les divers signes qu’il rencontre dans la forêt.  À l’étage où se trouvent nos chambres tout est silencieux la plupart du temps durant la journée, l’exception étant les minuscules bips lorsque quelqu’un ajuste la chaleur dans sa chambre en utilisant la télécommande.  La messe ce matin suscitait un sentiment agréable.  Une gamme intéressante de personnes y participait.  Beaucoup de dévotion.

Lundi 19 : Ce matin, un vol d’oies est passé silencieusement pas très haut au-dessus de la ligne d’horizon.  Difficile de prévoir leur migration. Le lac est blanc à l’exception de courbes brunes près des rives.  Le carnet des réservations du Frère Léo comporte beaucoup de pages blanches, comme le lac, car les réservations au monastère ralentissent durant l’hiver.

Mardi 20 : Au rez-de-chaussée, près d’une fenêtre, on a un peu froid et l’air est légèrement frais.  Toutes les fenêtres sur cet étage devront être remplacées un jour.  Pour l’instant, le verre est intact.

Mercredi 21 : Un camionneur était garé sur le chemin du village aujourd’hui, il avait dû resécuriser son énorme chargement de bois.  L’attaché des archives provinciales a téléphoné pour reporter une visite.  Récemment, la neige l’a empêché de voyager.  Cela fait désormais 18 ans que les archivistes n’ont pas travaillés sur nos dossiers, nos documents et photos accumulées depuis plus d’un siècle.

Jeudi 22 : Le dernier livre audio écouté au réfectoire est 1491 : New Revelations of the Americas Before Columbus, de Charles C. Mann.  Le livre allie d’une façon frappante histoire et science.  Quand les civilisations se rencontrent, notre fragilité apparaît, notre potentiel en tant qu’êtres humains aussi.  Les Frères Stephan et Glic ont enlevé le contenu de la salle de chauffage au mazout, car l’équipement était devenu désuet à la suite de l’installation du chauffage géothermique.  À l’aide du tracteur, Steve a tiré les gros réservoirs d’huile en haut de l’escalier du sous-sol et à l’extérieur du bâtiment.  L’une des raisons pour cette opération est de récupérer la pièce pour l’affecter à un autre usage.

Vendredi 23 : La mère d’un bûcheron nous a informés cette semaine que, si on se fie à la tradition, un hiver qui a commencé de façon si froide comme celui-ci ne sera pas très froid à long terme.  L’hiver « s’est cassé le cou » selon l’expression populaire, car le froid est arrivé tôt.

Samedi 24 : Le Frère Stephan est resté coincé dans la neige avec la camionnette de la ferme, et aujourd’hui, il a remorqué le camion à l’aide du gros tracteur.  Le Père Innocent a affiché un tableau montrant nos chronologies respectives en tant que personnes et moines.  Pour un si petit groupe, il y a une diversité intéressante, comme un moine de sept ans de plus qu’un moine de sept ans de plus qu’un autre moine.

Dimanche 25 : L’aigle est resté immobile longtemps sur son perchoir aujourd’hui, immobile comme s’il ne voyait plus jamais le besoin de bouger !  Au déjeuner, nous avons écouté un CD de musique religieuse du Père Lucien Deiss ; musique créative et authentique.

Lundi 26 : Un retraitant d’une province voisine a écrit pour partager avec nous la paix qui l’envahit avec l’arrivée de l’hiver.  Je suppose que c’est la façon la plus philosophique d’accueillir l’hiver !  Aujourd’hui, le temps était venu d’entrer notre camion d’un modèle récent au garage à Miramichi pour des diagnostics électroniques.  La concession automobile vient d’être rénovée et, sur le plan technologique pour le dépistage, elle est dotée d’un design à la fine pointe de la technologie sensorielle pouvant créer un portail artificiel montrant tout ce qui peut survenir dans un véhicule neuf.

Mardi 27 : J’ai parlé au téléphone avec le Père Clovis, désormais à la retraite en qualité d’aumônier chez les moniales.  Sa voix est toujours harmonieuse, comme d’habitude, et il était de bonne humeur.  Le verdict du garage à propos de notre camion est qu’il faudra quelques diagnostics plus poussés à une date ultérieure.  Au chapitre ce matin, le Père Innocent a passé en revue les statuts de notre Ordre, ainsi que d’autres documents qui servent de guide pour notre vie monastique.  Pour en revenir à la voix de l’expérience ainsi exprimée, on se rappelle de personnes que nous avons connues ; des moines, d’autres qui nous ont fait découvrir de nouveaux aspects spirituels dans la vie communautaire et dans la vie de l’Église.

Mercredi 28 : Quand il y a moins de neige, la souffleuse du tracteur peut se déplacer plus rapidement de sorte que le projecteur latéral révèle la grange et les croix dans le cimetière.  Un véritable diaporama dans l’obscurité totale.

Jeudi 29 : Chez les moniales, les aumôniers hebdomadaires sont accueillis par des mésanges, des écureuils, des geais, grâce aux mangeoires d’oiseaux érigées par les religieuses et à un placement inhabituel de grands arbres juste devant la porte.  Le Frère Glic a décoré le réfectoire ce matin en préparation de l’événement spécial prévu pour demain.

Vendredi 30 : Nous avons pris notre repas annuel avec les employés.  Certains d’entre eux ont assisté aux vêpres avant de descendre au sous-sol où nous avons dégusté un délicieux dîner à la dinde préparé par des cuisiniers spécialement invités.  Au fil des années, de nouveaux visages apparaissent ; quelqu’un que nous n’avions pas vu depuis longtemps réapparaîtra.  Des souvenirs et des pensées d’autres personnes refont surface, comme des rires et des réflexions.  La joie est le fil conducteur d’une année à l’autre.

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